Petite sémiotique de la famille Comilfaut

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Les trois corps adolescents : traitements linguistiques automatiques et analyse sémiotique du « corps » dans les données textuelles de Fil Santé Jeunes

Catherine GOUTTAS1, Jean-Maxence GRANIER2 et Anthony MATHÉ3

  • 1 Groupe Thales, projets R&D
  • 2 Think-Out, société d’études
  • 3 CeReS, Université de Limoges

Les trois corps adolescents : traitements linguistiques automatiques et analyse sémiotique du « corps » dans les données textuelles de Fil Santé Jeunes

Publié en ligne le 22 octobre 2012

Sommaire :

Introduction

Contexte et méthodologie

1. Corps / Corpus : les thèmes du corps

Prélude : discours féminin et prédominance quantitative de la génitalité

« Le corps » : un thème central, une notion clef de l’âge adolescent

Le changement pubertaire entre peur et normalité

Corps, amour et sexualité : le désir entre anticipation et centrage sur l’autre

Paradoxes psychopathologiques : le corps comme réceptacle du mal-être

La typologie des « trois corps adolescents »

2. Distribution du mot « corps » dans les messages

Les thèmes associés au mot « corps »

Les trois niveaux de disjonction entre le sujet et son corps

Les imaginaires corporels associés à l’emploi de « corps »

L’emploi de « Corps » dans la réponse des soutenants

3. Présence et retour du corps

Le corps absent : analogie et présence par la voix

Le corps non-visible mais lisible : la figuration du corps partiel

La « soma-machie » adolescente : actorialité, autonomie et individuation du corps propre

Conclusion

 

La laïcité dans la rue : faut-il interdire le voile et la kippa dans l’espace public ?

 

 

Il est primordial de rappeler les principes de la laïcité, surtout quand ils sont  détournés par un discours partisan comme celui de la laïcité d’exclusion du Front national. Il nous semble que le texte de 1905 vise à un certain équilibre entre différents principes : la liberté de conscience et le libre exercice et l’égalité de tous les cultes d’une part, la séparation des églises et de l’État et sa neutralité en matière religieuse d’autre part. Il faut rappeler aussi que la laïcité ne vise pas à la sécularisation de la société, mais à la coexistence de toutes les croyances ou absences de croyances sous la loi commune. Les débats de 1905 qui furent houleux portèrent d’ailleurs sur la soutane des prêtres et ceux-ci conservèrent la liberté de la porter dans la rue grâce à Aristide Briand.

La proposition de Marine Le Pen  outrepasse  largement l’esprit de la loi de 1905 (qui fait de la liberté de conscience sa première phrase et du libre exercice des cultes sa deuxième) et est contradictoire avec d’autres textes dont la France est signataire. La religion a une dimension individuelle et une dimension collective que la République n’a pas vocation à entraver. La liberté de conscience n’est pas seulement propre au for intérieur et à l’espace privé, mais a une dimension rituelle et sociale reconnue. Elle est clairement associée au droit de « manifester sa religion ou conviction, tant en public qu’en privé ».

Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, article 18

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Constitution, article 1

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

S’il faut effectivement défendre la neutralité de l’État, de ses représentants, de certains espaces spécifiques comme l’école, la distinction radicale entre les deux sphères du privé  et du public, nous paraît excessive et attentatoire à la liberté de conscience. Si on entend par « public », ce qui touche à la chose publique (la res publica), les choses sont claires et l’on en vient à l’affirmation de neutralité de l’État. Mais la notion  peut-être aussi utilisée avec une extension beaucoup plus large et fautive à nos yeux, qui finit par désigner l’espace social commun dans son ensemble. Ce glissement nous paraît dangereux et peu favorable à l’idée d’assurer la coexistence des différentes croyances et convictions. L’idée d’une imperméabilité absolue de ces deux sphères comme le fantasme d’une éviction de toute manifestation du religieux dans cet espace public (au sens de ce qui est accessible à tous, ouvert) que propose Marine Le Pen, construit une laïcité de l’exclusion qui se trahit elle-même.

Pour garantir pleinement la liberté de conscience, on ne peut cantonner le religieux au seul domicile et aux lieux de culte. La société civile, entre l’État et la vie privée, est un espace dans lequel des groupements religieux, spirituels ou séculiers doivent pouvoir s’affirmer (par la tenue par exemple) et s’exprimer en liberté, fût-ce pour dire le pire comme le fit récemment le primat des Gaules à propos du mariage pour tous.

Congrès PS de Toulouse : pourquoi je signe la motion « Toulouse, Mon Congrès »

Je ne le fais pas pour mettre en cause le programme politique de François Hollande dont j’ai soutenu, comme beaucoup d’autres militants, la candidature aux primaires puis aux présidentielles et dont l’élection m’a profondément réjoui. Trouver l’équilibre entre sérieux budgétaire (la dette nous tue), stratégie de relance (l’austérité nous tue) et justice sociale (l’inégalité croissante nous tue) ; continuer à faire l’Europe, ce qui suppose de discuter avec l’Allemagne même si elle n’est pas (encore) socialiste  ; négocier au mieux une transition énergétique au sein d’une crise économique ; réformer l’école pour qu’elle assure mieux l’égalité des chances en prenant davantage en compte l’inégalité des places ; permettre aux nouvelles générations de s’installer dans la vie sans maltraiter celles qui les précèdent, sont des tâches difficiles, parmi beaucoup d’autres, et qui appellent tout notre soutien.

Je ne le fais pas non plus pour remettre en cause Harlem Désir comme probable 1er secrétaire, si mes camarades votent bien, c’est-à-dire comme on le leur demande. Ceux-là mêmes qui se sont entendus sur sa désignation ne paraissent pas lui prêter les qualités d’un chef de parti et semble vouloir prolonger son intérim en lui donnant un  rôle putatif mais c’est à lui de se révéler. On a bien vu des gens réputés « mous » capables de montrer du nerf et de la volonté. D’abord opposé aux primaires, il a su en être l’arbitre tout comme celle à qui il succède, a fini par rendre possible, avant d’y participer comme candidate, ce tournant historique qui éclaire heureusement son mandat. Quelles qu’aient été leurs réserves initiales, qu’ils soient remerciés d’y avoir consenti.

Je ne le fais pas même pour m’offusquer que, à travers de longues tractations dignes d’un conclave et une savante pesée des courants (« le score de ta motion à Reims multiplié par le carré du score de celui que tu as soutenu aux primaires = X postes au bureau national et X secrétariats nationaux), Martine Aubry ait souhaité laisser derrière plus d’amis ou d’alliés que d’opposants, que certains ministres aient voulu compter leurs forces au sein du parti ou que Jean-Marc Ayrault ait voulu garantir l’unité de son gouvernement. C’est dans l’ordre des choses et chacun agit en se disant qu’au fond ça va lui simplifier la vie et que  c’est mieux pour le PS.

Je le fais car ce qui est véritablement choquant, c’est que collectivement nous puissions continuer à considérer cela comme normal, comme presque bien, que nos mœurs, nos statuts, notre organisation, notre calendrier, presque notre victoire, débouchent sur un congrès qui fait fi de la transparence et d’une exigence démocratique que les premières primaires citoyennes avaient rendues presque évidentes, pour remettre la cooptation au cœur du jeu politique qui se passe tout entier dans la rue, enfin dans les rues, celles de Solferino et de Grenelle. Ne parlons pas de  Corée du Nord, tout ce qui est excessif étant insignifiant.  Il  y aura un vote, chacun s’exprimera, d’autres motions, ni « majoritaire », ni « présidentielle » auront voix au chapitre. Mais chacun sent bien au fond de lui que les débuts de ce congrès de Toulouse ne sont pas à la hauteur de la séquence précédente et que le PS  faillit à ses propres exigences sans que personne ne l’ait vraiment voulu mais sans que beaucoup s’y soient opposés.

Je le fais car je considère que ce qui a été le levain d’une véritable unité au sein du Parti, c’est moins une soudaine et miraculeuse harmonie idéologique ou une mise au frigidaire tout aussi miraculeuse des appétits, ou disons des ambitions, qu’un processus de désignation des candidats à la présidentielle, clair, juste et efficace politiquement puisqu’il a permis la victoire de François Hollande. Ce moment précieux, cette petite révolution,  je voudrai qu’il continue à produire des effets et irriguer le parti de son esprit. Je crois que l’on n’en a pas tiré toutes les conséquences politiques et institutionnelles alors qu’il appelle une refonte globale du fonctionnement du PS.

Je le fais par ce je crois qu’un parti utile aux Français, c’est d’abord un parti qui continue à débattre, c’est un parti capable d’être à l’écoute de la société dans son ensemble et donc en mesure de rendre compte des espoirs, de la confiance mais aussi de l’exigence rude dont elle fait preuve à l’égard de la Gauche, c’est un parti qui soutient bien sûr l’action du gouvernement qu’il a conduit au pouvoir, mais qui le précède dans la définition de perspectives à plus long terme pour préparer l’avenir et le deuxième ou troisième souffle dont une gauche qui se veut durable aura besoin. Un parti ni godillot, ni trublion, mais un parti qui ne soit pas l’antichambre verrouillée des ors de la République mais  un vestibule ouvert  sur tous les corridors de la société française.

Je le fais parce que j’ai parfaitement conscience des difficultés dans lesquelles se trouve la nation tout entière et partant de la rude tâche du gouvernement et donc du rôle nouveau et important que le parti doit jouer aujourd’hui. D’aucuns disent que les Français se préoccupent peu du fonctionnement interne du PS et qu’ils ont d’autres chats à fouetter. Il est vrai que la séquence qui s’est terminée à la Mutualité mercredi 12 septembre  ne les y pousse pas beaucoup. Mais je n’en suis pas si sûr et c’est faire injure aux 3 millions de sympathisants qui se sont déplacés que de le penser. Bien au contraire, en ces temps difficiles où les gens ont besoin de croire à nouveau au politique, la manière compte autant que le résultat.  D’autres laissent entendre qu’il faudrait mettre l’appareil sous le boisseau au prétexte qu’il a accompli son rôle historique et que le gouvernement gouverne. C’est tout le contraire. Par gros temps, nous avons besoin d’un parti uni certes mais aussi  vivant et intrépide au risque sinon d’un soutien de pure forme au quinquennat de François Hollande.

Je le fais car à l’heure où nous formulons, comme le fit  Martine Aubry lors de son dernier et beau discours de La Rochelle,  une exigence démocratique forte, avec l’appel au rejet du cumul des mandats décidé lors de notre convention de la rénovation de 2010, allant à l’encontre d’habitudes anciennes, de mœurs patriciennes qui trouvent des défenseurs jusque dans nos rangs, il me paraît difficile que le Parti ne continue pas sa mue et sa modernisation, vers plus de délibération, vers plus de transparence, vers plus de représentativité, vers plus de participation, vers plus de responsabilités devant les militants pour ceux qui nous représentent et vers moins d’establishment, moins d’arrangements, moins de coalitions artificielles, moins des compétitions larvées et permanentes faute de transparence institutionnelle à tous les niveaux et moins enfin d’élitisme aristocratique dans notre conception du leadership.

Je le fais car je veux que Toulouse soit mon congrès, soit le vôtre, car la  première signataire est une  jeune militante (François Hollande n’a-t-il pas mi au cœur de son programme la jeunesse), Constance Blanchard (http://www.dailymotion.com/video/xthvzm_constance-blanchard-presente-sa-motion_news), qui incarne à merveille cette génération qui met beaucoup de détermination à trouver sa place dans la société et qui a pleinement la sienne  dans notre parti sans pour autant chercher là un emploi d’avenir, car notre motion regroupe des gens aux parcours et aux appartenances diverses au sein du PS mais qui sont tous porteurs d’une exigence de renouvellement profond de son fonctionnement et soucieux de l’exemplarité dont il doit faire preuve au sein du jeu démocratique républicain. Je le fais car si la rénovation a été souvent le masque des ambitions ou le prétexte à la continuation des petites guerres des courants, la motion Toulouse Mon Congrès est porteuse d’une vraie vision pour le Parti Socialiste de demain, celui qui sera comptable à sa façon de la réussite de la Gauche au pouvoir, celui en qui les Français ont placé leurs attentes, celui qui pour changer la société doit continuer à se changer, maintenant.

Eloge du blasphème

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Sommet de Rome : l’Europe peut-elle avancer masquée ?

Entre une Allemagne enfermée dans sa vision anti-inflationniste héritée de ses années sombres mais pétrie d’une culture fédérale positive et une France enfermée dans son souverainisme jacobin et son présidentialisme mais aspirant à plus de solidarité économique effective au sein de la zone euro, il doit bien avoir le moyen de trouver une position commune et comme un noyau dur, loin des manoeuvres dilatoires ou des frilosités politiques. L’Europe politique et économique est le seul horizon historique viable pour ces deux pays et il serait dommage de laisser la droite française, qui a désormais du temps pour réfléchir, s’emparer seule de cette dynamique alors que s’ébauche un consensus SPD CDU à Berlin sur le sujet. Pour relancer la croissance de concert, pour une union économique pérenne, il faut dépasser le multilatéralisme et la politique des petits sommets pour aller vers des évolutions institutionnelles conduisant au suffrage universel et à l’émergence d’un véritable parlementarisme en Europe. Si le NON de 2005 vient sans cesse hanter les choix français dans ce domaine, comme les années 30 pèsent sur les conceptions monétaires allemandes, il y a fort à craindre que François Hollande « sauve » tous les 3 mois avec ses collègues chefs d’état, une Europe qui s’écroule comme le faisait naguère Sarkozy. Je ne suis pas sûr que sur cette question la ligne de partage distingue des fédéralistes utopistes et des Européens pragmatiques. Je crois au contraire qu’elle sépare ceux qui sont prêts à abandonner à terme une part de leur souveraineté au niveau national pour mieux la retrouver au niveau fédéral européen et ceux qui s’arc-boutent au seul état-nation comme garant de la souveraineté démocratique. Si ceux-là mêmes qui défendent l’idée de l’Europe, le font désormais à bas bruit, en considérant toute avancée sur les institutions comme caduque, en continuant à croire qu’on peut faire l’Europe sans le dire, ils ne feront que renforcer le cercle vicieux qui associe l’absence de transparence  à la défiance des peuples et ils perdront la bataille face à l’hégémonie culturelle souverainiste hexagonale.

Une majorité pour le changement

  • Se réjouir de la large victoire de la Gauche qui peut désormais gouverner et accomplir le changement

  • Constater qu’aucun ministre du gouvernement Ayrault n’a été battu, ce qui signe une forte adhésion à la politique en cours

  • Admirer le courage et l’indépendance, chers payés,  de Bayrou dans son choix de soutenir François Hollande contre les dérives de la campagne présidentielle de Sarkozy, que Nadine Morano, battue elle plus justement, aura poussées jusqu’au bout

  • Se désoler du sac de nœuds rochelais qui oppose stérilement le local et le national et permet de faire battre notre candidate de 2007 avec l’appui de la Droite

  • Se féliciter des défaites des anciens  ministres de l’Intérieur Guéant et Alliot-Marie, qui incarnèrent toutes les errances du dernier quinquennat

  • S‘indigner du maintien d’une candidate socialiste qui permet son élection et s’interroger sur le fait que la députée la plus jeune de la chambre s’appelle Le Pen

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